Publié le · 5 min de lecture
Qui est propriétaire de votre site internet ?
Un site payé n'est pas forcément un site possédé. Trois lignes administratives déterminent la propriété réelle : le nom de domaine, l'hébergement et les accès. Comment vérifier, et quoi faire si la réponse ne vous plaît pas.
La réponse courte : vous êtes propriétaire de votre site si trois choses sont à votre nom — le nom de domaine, l’hébergement, et les accès d’administration. Si l’une des trois est au nom de votre prestataire, vous ne l’êtes pas vraiment, même si vous avez payé la facture.
C’est la question qu’on pose le moins souvent et celle qui coûte le plus cher quand on la découvre trop tard. Un site payé n’est pas forcément un site possédé. La distinction ne se joue pas sur le contrat ni sur le design : elle se joue sur trois lignes administratives que presque personne ne vérifie avant de signer.
Les trois choses qui déterminent la propriété
Le nom de domaine
C’est votre adresse. Tant qu’il est déposé à votre nom, sur votre compte, vous pouvez partir chez qui vous voulez en emportant tout : votre référencement, vos e-mails, votre notoriété. S’il est déposé au nom de votre prestataire, vous louez votre propre adresse sans le savoir. Récupérer un domaine détenu par quelqu’un d’autre est possible, mais long, et cela suppose sa coopération.
C’est pour cette raison que, dans mon studio, c’est le client qui souscrit lui-même son domaine et son hébergement. Ces démarches réclament des données personnelles et un moyen de paiement : elles n’ont rien à faire entre les mains d’un prestataire. Je guide, j’indique quoi prendre et où, je reste en ligne pendant la manipulation si c’est plus rassurant — mais je ne saisis jamais. Résultat : la question de la propriété ne se pose jamais, parce qu’elle est réglée avant même que le site existe.
L’hébergement
C’est le terrain sur lequel votre site est posé. Même logique : un hébergement souscrit au nom du prestataire signifie que vos fichiers et votre base de données vivent sur un compte qui ne vous appartient pas. Le jour où vous changez de prestataire, ou simplement le jour où il cesse son activité, vous dépendez de sa bonne volonté pour récupérer votre propre travail.
Les accès d’administration
Un site dont vous n’avez pas les identifiants est un site que vous ne pouvez ni modifier, ni sauvegarder, ni confier à quelqu’un d’autre. Quatre jeux d’accès doivent vous être remis à la livraison : l’administration du site elle-même, le compte d’hébergement, la base de données, et la messagerie liée à votre domaine.
Comment vérifier, en cinq minutes
Pour le domaine, tapez son nom sur le service de recherche Whois de l’Afnic si vous êtes en .fr, ou sur n’importe quel annuaire Whois pour les autres extensions. Le titulaire affiché doit être vous ou votre société. Les coordonnées des particuliers sont souvent masquées pour des raisons de vie privée, mais le nom de l’organisation titulaire, lui, reste visible.
Pour l’hébergement et l’administration, la vérification est plus simple encore : essayez de vous connecter. Si vous ne possédez pas les identifiants, ou si vous devez les demander à quelqu’un, vous avez votre réponse.
Si vous découvrez que vous n’êtes pas propriétaire
Ne paniquez pas et ne partez pas au conflit tout de suite. Dans l’immense majorité des cas, ce n’est pas de la malveillance mais de la facilité : le prestataire a tout créé sur son propre compte parce que c’était plus rapide au démarrage.
Demandez par écrit le transfert du domaine à votre nom et la remise des accès. Un professionnel correct s’exécutera sans discuter. Un refus, ou des réponses qui traînent, vous renseigne bien plus sûrement sur la relation que n’importe quelle plaquette commerciale.
Ce qu’il faut retenir
La propriété d’un site ne se décrète pas dans un contrat, elle se constate dans trois comptes. Posez la question avant de signer, pas après : à ce moment-là, elle ne coûte rien, et la réponse vous apprend déjà beaucoup sur celui qui vous répond.
Le code source du site m’appartient-il ?
Cela dépend de ce qui a été convenu par écrit. En droit français, la cession des droits d’auteur sur une création doit être explicite : sans clause de cession dans le devis ou le contrat, le prestataire reste titulaire des droits sur ce qu’il a créé, même si vous l’avez payé. Un site construit sur un outil standard comme WordPress, sans surcouche propriétaire, limite fortement la question : n’importe quel professionnel peut reprendre le travail derrière.
Puis-je changer de prestataire sans refaire mon site ?
Oui, si vous détenez le domaine, l’hébergement et les accès, et si le site repose sur une technologie répandue. C’est précisément l’intérêt de vérifier ces points au départ. À l’inverse, un site enfermé dans une plateforme propriétaire ne se déménage pas : il se refait.
Que devient mon référencement si je change de prestataire ?
Il ne bouge pas, tant que le nom de domaine et les adresses des pages restent les mêmes. Le référencement est attaché à votre domaine, pas à la personne qui a construit le site. Ce qui abîme un référencement, ce n’est pas le changement de prestataire : ce sont les adresses de pages modifiées sans redirection lors d’une refonte.
Qui doit payer l’hébergement et le nom de domaine ?
Vous, directement auprès du fournisseur. C’est quelques dizaines d’euros par an, cela va dans votre poche et pas dans une marge intermédiaire, et surtout cela garantit que le renouvellement ne dépend de personne d’autre que vous. Un domaine non renouvelé parce qu’un prestataire a oublié de le faire, c’est un site qui disparaît du jour au lendemain.